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L'hôtel des endormis | 28 octobre 2009

Elle avait les yeux d’Isabelle

Et le sourire d’Amélie

On aurait dit une demoiselle

Qui avait marché dans la nuit

Elle avait le sourire fugace

Et le parfum des ancolies

Allongée devant la terrasse

De l’hôtel des endormis

 

Elle prenait l’air de grande dame

Jouant de ses lignes allongées

Comme pour éviter un drame

Elle s’était mise à rêver

A rêver au temps qui passe

Aux princes cachés dans la nuit

Derrière les fleurs des terrasses

De l’hôtel des endormis

 

C’était le printemps ou l’automne

Ou un été caniculaire

Mais comme elle n’aimait pas d’homme

Tous les jours étaient des hivers

Elle promenait ses jambes lasses

Dans les rues des villes fleuries

Passant souvent sous la terrasse

De l’hôtel des endormis

 

Dans une chambre au dessus d’elle

Vivait un homme endolori

Par la mort de sa demoiselle

Parti un beau matin sans cri

Il fallait qu’aucun bruit ne fassent

Ses larmes de mélancolie

Quand il pleurait sur la terrasse

De l’hôtel des endormis

 

Je vous raconte cette histoire

Car quoi qu’on en dise chez vous

C’est par un funeste hasard

Que l’homme mit fin à ses jours

Il sauta de la terrasse

De l’hôtel où vivait l’ennui

Tomba sur une femme qui passe

Devant l’hôtel des endormis

 

Elle avait les yeux d’Isabelle

Et le sourire d’Amélie

On aurait dit une demoiselle

Qui avait marché dans la nuit

Elle avait le sourire fugace

Et le parfum des ancolies

Allongée devant la terrasse

De l’hôtel des endormis

 

 

Antoine Gavory

 

 

Publié par tritz à 22:36:51 dans QUELQUES TEXTES | Commentaires (0) |

LA MÉMOIRE RETROUVÉE | 11 septembre 2009

La mémoire retrouvée

 

SSSR comme  il disait, SSSR dit le poète

Que reste t-il de ces idées, des remords

De renier des années gravées en tête

A protéger les hommes pour n’avoir pas tort

Sur les douleurs d’un peuple, l’enfer d’une patrie

Que les grands refrains ont enterrés dans l’oubli

 

Que voulez vous reprocher a nos camarades ?

Quels torts ont-ils sinon de lire dans un livre

Sur la noirceur du communisme quelque charade ?

Sur le droit de savoir, sur le devoir de vivre ?

 

Non je ne voyais pas cela de mon berceau

Nous ne fermerons pas les yeux sur nos créances

Sur nos torts bien qu’ils fussent issus de l’ignorance

Je ne cherche pas d’excuse a ceux qui tuèrent

Mais faut il pour autant condamner leur grand –père ?

 

Nous ne sommes pas les disciples de ces gens

Même si nos combats coulent du même sang

Dans un pays pauvre aux milliers de somnolant

Qui expient leur vie pour ne pas choquer

Les je vous en prie, plait il et ma chérie

 

Non je ne voyais pas cela de mon berceau

Tous ces yeux ébahis qui avaient dans le dos

L’arme d’un pays, d’une idée, d’un pouvoir

CAPITALISTE qui écrit le livre noir

D’une idéologie déjà perdue qu’il

Ne connaissait pas mieux que le peuple débile

Défend un système parce qu’on lui apprend

A ne pas le combattre ! Mais ou es tu Trotski

Au crâne pourfendu par le fer de la hache

Par l’emblème sacré de ton ancien drapeau ?

 

Pourquoi faut il toujours que l’homme fasse un toit

De ses ambitions personnelles quand il voit

L’idéologie s’abattre sur le monde

En perdant sa puissance mais il nous faut fonde

Le pouvoir d’un peuple dans une main salie

Par le sang bolchevick répandu au Mexique

 

J’entends pleurer les morts de mille neuf cent dix sept

Me demandant pourquoi faudrait il revenir

Et défendre une idée sans aucun avenir

 

Nicolas deux Anastasie, dira t’on

Qu’ils sont morts pour rien sous le coup d’une émotion

De quelques mercenaires avides de pouvoir

En convaincant le peuple de toujours y croire

Pour célébrer demain le jour de la victoire

 

Non je ne voyais pas cela de mon berceau

En parlant de drapeau, du livre de mao

De Cuba, de Russie je vois des pays

Où le cœur de l’homme permet d’aimer la vie

 

Je voyais des pays aux paysans sereins

Je voyais des enfants qui tenaient dans leurs mains

Celles de leurs parents et de leurs camarades

L’Internationale se chantait en parade

 

Mais au lieu de tout ça j’entends crier kolkhoze

Sovkhoze, goulags…stalags…mais ou  es donc la cause

Sur laquelle on aurait défendu son pays

Où est le chant faisant le chant d’une Russie ?

 

Je ne condamnerai pas mes aïeux. Autant

Qu’ils en savaient, pouvaient suivre le mouvement

On ne dit pas cela aux hommes, justement

Ils ont reniés des décennies comme exemple.

Aujourd’hui en ayant vu ce qu’ils avaient fait

Ce sera a nous, a nos idées de payer

Le prix de la bêtise, le prix du mensonge

D’un siècle d’infamie maquillée en un songe

 

Non je ne voyais pas cela de mon berceau

Au-dedans de ma tombe ce sera trop tôt

Déjà bien trop tard pour expliquer aux enfants

Notre condamnation de cela, justement

Ce fut pour oublier que nous avons chanté

L’Internationale orpheline du passé.

 

Pas plus de mélodie, pas plus de Russie,

Pas plus de communisme, pas plus d’hérésie,

Pas plus de crédibilité du faux, du vrai

Pas plus de tout cela, de tout ce qui a fait

Que nous croyons encore en l’idéologie.

 

SSSR comme il disait, SSSR dit le poète

Et nous disons pardon pour les fautes horribles

Nous n’en sommes rien, pas même une conséquence,

De ces années la, de ces hommes la. Pardon…

 

 

                                             Antoine Gavory  1997

 

Publié par tritz à 01:09:53 dans QUELQUES TEXTES | Commentaires (0) |

C'était vous mon amie/ chanson | 23 juin 2009

 

C’était vous mon amie

(Gavory/Briey)

 

Un matin de l’été sur le bord d’un canal

Je m’étais endormi dans les herbes

J’avais froid je tremblais, la rosée matinale

Formait des gouttes au bout de mes lèvres

 

Un oiseau se posa sur le bord de ma main

Tourna son regard vers l’horizon

Puis soudain s’envola sur la cime d’un pin

Et me fit cette proposition

 

Veux tu venir avec moi en haut des arbres

Voir si le monde est plus beau et le parfum du ciel

De là haut nous verrons si tu es capable

D’ouvrir ton cœur au soleil

 

Il s’envola

Il m’entraîna

Me posa sur la cime du plus haut des chênes

Il me conta

Il me montra

Il me montra le monde de là haut et je vis que c’était le même

 

Quand il me prit le bras, qu’il me monta là haut

Je vis que le monde était petit

Je regardais au loin, je vis qu’elle était là

C’était elle, c’était vous mon amie

 

Je regardais encore et l’oiseau en colère

Me dit tu n’admires donc plus rien

Tes yeux se sont fixés sur cette demoiselle

Tu n’es monté que pour voir plus loin

 

Pourquoi es tu venu avec moi dans l’arbre

Si ce n’est que pour voler et regarder en bas

A bien y réfléchir tu n’es pas capable

De croire en ce monde là

 

Il me saisit

Me descendit

Me reposa au pied du tronc du plus gros chêne

Il repartit

Poussant un cri

Mais je savais que de là haut le monde était encore le même

 

Je ne veux plus t’accompagner dans tes arbres

Car mon monde est bien plus beau depuis que j’ai l’amour

D’avoir tout vu d’en haut je me sens capable

D’aimer un cœur pour toujours

Publié par tritz à 17:41:14 dans QUELQUES TEXTES | Commentaires (0) |

La douceur des choses | 23 juin 2009

 

La douceur des choses

(Paroles: A.GAVORY/ Musique: V.BRIEY)

Quand l’amour s’en va, que les caresses s’éternisent

Moments difficiles, chemins éblouis

Sous la fièvre lente de tes doigts qui me poursuivent

Je ne suis plus rien qu’un autre avenir

Je resterai la femme de ta vie

 

On se presse encore pour se regarder s’endormir

Pas de gestes tendres, pas de souvenirs

Comme un étranger qui s’arrête de courir

Nous ne sommes que deux

Je resterai la femme de ta vie

 

Inventer le doute, l’amour et le non désir

De ces hommes là que je vois vieillir

Ne plus rechercher dans l’autre que de se sourire

Amours poésie et tendres amis

Je resterai la femme de ta vie

 

Si je dis je t’aime ce n’est pas pour se séduire

Un dernier regard, caresse amnésie

Quand tout s’allume et que nos sentiments s’ennuient

Tu es cette épaule où j’étais endormie

Je resterai la femme de ta vie

 

Pas de mariage, pas d’enfants pas d’avenir

Juste une présence, pour se conquérir

De consolations et de conseils pour nos vies

Nos vies se résument à rester amis

Je resterai la femme de ta vie

 

Entre notre amour et l’amitié qui réunit

Quelques gouttes d’eau, de fièvre et d’envie

Adolescente, amoureuse d’un infini

Conquête impossible, amours innocents

Je resterai la femme de ta vie

 

Quand l’amour s’en va et que mes larmes cristallisent

Tu es mon épaule, mon souffle de vie

Sous la fièvre lente de ta voix qui me souris

Tu es devenu l’homme de ma vie

Je resterai la femme de ta vie...

 

Tous les textes de ces chansons ainsi que les partitions sont déposés auprès de la SACEM

Publié par tritz à 17:35:25 dans QUELQUES TEXTES | Commentaires (0) |

Soledad | 23 juin 2009

Pour écouter la version accoustique interprétée par Vaibay cliquez ici

 

Soledad

(Paroles: A. GAVORY/ Musique: V. Briey)


Elle est partie au point du jour

En me laissant dans mon ennui

Alors je saigne toute la nuit

En attendant un autre tour


Un autre tour une autre vie

un autre matin de chagrin

Poser ma tête entre ses mains

l’entendre respirer l’envie


Elle est partie sans bruit

Au milieu de ma vie

Comme un rêve éveillé

Je vais la rechercher


Je vais la rechercher

Pour mieux l’entendre rire

Et l’entendre me dire

Qu’elle va se retourner


Elle a le cœur bien accroché

à ses idées de baladin

D’elle il ne me reste plus rien

Qu’une peau nue évaporée


Elle est partie au mois de mai

Comme on se retire de la piste

En abandonnant le clown triste

Qui n’a plus la force de pleurer


Elle a franchi l’obstacle

Pour quitter le spectacle

Spectateur oublié

Sur un autre sentier


Sur un autre sentier

Où je n’ai rien à vivre

Que de la voir partir

Sans même se retourner


Elle est partie avec ma vie

Suspendue au bout de ses lèvres

Toutes les nuits dans mon sommeil

je la rêve au creux de mon lit


A-t-elle encore sur sa peau frêle

Le doux parfum de mon désir

Si elle pouvait me revenir

Et devenir mon éternelle


Elle a franchi le ciel

Emplie de certitudes

Et de ma solitude

Elle nourrira ses rêves


Elle nourrira ses rêves

Et sans le savoir même

Qu’au fond de mon sommeil

Je resterai le même


Elle a franchi le ciel

Emplie de certitudes

Et de ma solitude

Elle nourrira ses rêves


Elle nourrira ses rêves

Et sans le savoir même

Qu’au fond de mon sommeil

Je lui dirai je t’aime


Je lui dirai je t’aime.

Publié par tritz à 02:57:45 dans QUELQUES TEXTES | Commentaires (0) |

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OUVRAGES DE ANTOINE GAVORY

Présentation


FICHE SIGNALÉTIQUE

Nom:GAVORY
Prénom:Antoine
Né le: 11 février 1975
où? Amiens, en Picardie
Profession: auteur et journaliste
Lieu de vie:Entre Paris et la Nièvre



 


Chroniqueur littéraire magazine culturel KOIKISPASS

Producteur et animateur de l'émission "L'écriture en toute lettre" sur RCF 


Correspondant de presse pour le JOURNAL DU CENTRE





premier contact avec la littérature:
En 1983, avec la poésie, si l'on peut appeler ça de la poésie, étant donné que ça ne trouverait même pas sa place dans les mauvais livres. Et ça se poursuit depuis ce temps là à un rythme d'une cinquantaine de textes par an.

Premier livre:
Un soir, place Carnot en 1996, après être resté toute une nuit sur la place de Nevers et avoir discuté avec les gens qui passaient, ce qui m'a amené à écrire une nouvelle de réflexion sur les générations.

Première révolution:
La découverte d'Aragon, à travers Ferrat notamment et que la poésie en dehors de parler des petits oiseaux et des arbres verts pouvait aussi avoir un rôle social et politique et servir des causes.

Seconde révolution:
La parution de Barricades en 2007, texte sur l'engagement et sur l'idéal, qui m'a valu d'être un peu plus ancré dans la littérature engagée.

Pourquoi écrire:
Pour aimer. Pour parler. Pour hurler. Pour dénoncer. Pour colorier le monde avec des mots qui sentent bon. Je crois fermement au rôle de l'écrivain, et de l'artiste en général dans la société, si son intérêt est d'abord de communiquer avant de s'enrichir.

Des rêves:
Aucun. Toutes les choses dont je rêves j'essaie de les accomplir. A 8 ans les écrivains étaient pour moi des extra-terrestres puis une première rencontre avec TRoyat au salon de Paris m'a fait comprendre qu'être écrivain c'était avant tout vouloir et travailler.

Des projets:
Oui, tous les rêves que j'ai. Écrire encore. Monter sur les planches pour une pièce que je viens de terminer, continuer de rencontrer des artistes vrais qui vivent leur art comme un échange et non pas comme un succès personnel et un jour peut-être parvenir à écrire un album.

Des regrets:
Oui d'avoir mis 20 ans à me rendre compte que le journalisme était une chose fabuleuse, avoir attendu d'avoir trente ans pour faire de la radio, et regretter que l'édition française soie plus attachée, en grande partie, à ce que rapporte un livre qu'à ce qu'il contient, et que les éditeurs cherchant à investir sur la qualité n'arrivent pas à se faire connaître. Les écrivains écrivent avec leur sensibilité et sont vendus par des financiers, et la sensibilité ne se marchande pas.

Plus grande peur:
Les salons du Livre. on y est comme dans un cimetière, les gens passent, lisent notre nom, sans même nous regarder.
Et celle de ne pas être éternel.

Ce que vous aimez le plus:
D'être lu et apostrophé sur ce que j'ai écrit, même pour me faire insulter, ce qui m'arrive de temps en temps. Ce n'est même pas un désir mais un plaisir, cela montre au moins que ce que l'on écrit n'est pas toujours inutile. Et vouloir écrire utile ce n'est pas de la vanité, c'est du respect envers les lecteurs.

Ce que vous détestez le plus:
Les gens qui se prétendent auteur mais qui n'écrivent que pour eux, pour leur plaisir personnel sans chercher à donner. L'écriture n'est ni un loisir, ni une autopsychothérapie mêrme si ce peut être un exutoire et un plaisir. Il faut d'abord avoir envie de donner avant de recevoir. C'est la seule façon de se construire une légitimité.
Et ces mêmes auteurs, et d'autres, qui se croient importants parce qu'ils écrivent., ou d'autres, aigris parce qu'ils ne parviennent pas à la célébrité et qui se cloisonnent dans leur égotisme en se fermant à l'échange. Comme disait Guitry, la vie est une chose beaucoup trop grave pour être prise au sérieux. Être célèbre n'est pas important, ce qui compte c'est d'avoir quelque chose à dire et d'être entendu, et pas seulement écouté...

extrait d'un interview pour Radio France .

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