• L'hôtel des endormis

    Elle avait les yeux d’Isabelle

    Et le sourire d’Amélie

    On aurait dit une demoiselle

    Qui avait marché dans la nuit

    Elle avait le sourire fugace

    Et le parfum des ancolies

    Allongée devant la terrasse

    De l’hôtel des endormis

     

    Elle prenait l’air de grande dame

    Jouant de ses lignes allongées

    Comme pour éviter un drame

    Elle s’était mise à rêver

    A rêver au temps qui passe

    Aux princes cachés dans la nuit

    Derrière les fleurs des terrasses

    De l’hôtel des endormis

     

    C’était le printemps ou l’automne

    Ou un été caniculaire

    Mais comme elle n’aimait pas d’homme

    Tous les jours étaient des hivers

    Elle promenait ses jambes lasses

    Dans les rues des villes fleuries

    Passant souvent sous la terrasse

    De l’hôtel des endormis

     

    Dans une chambre au dessus d’elle

    Vivait un homme endolori

    Par la mort de sa demoiselle

    Parti un beau matin sans cri

    Il fallait qu’aucun bruit ne fassent

    Ses larmes de mélancolie

    Quand il pleurait sur la terrasse

    De l’hôtel des endormis

     

    Je vous raconte cette histoire

    Car quoi qu’on en dise chez vous

    C’est par un funeste hasard

    Que l’homme mit fin à ses jours

    Il sauta de la terrasse

    De l’hôtel où vivait l’ennui

    Tomba sur une femme qui passe

    Devant l’hôtel des endormis

     

    Elle avait les yeux d’Isabelle

    Et le sourire d’Amélie

    On aurait dit une demoiselle

    Qui avait marché dans la nuit

    Elle avait le sourire fugace

    Et le parfum des ancolies

    Allongée devant la terrasse

    De l’hôtel des endormis

     

     

    Antoine Gavory

     

     


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