• Quand j’étais môme j’étais prêt à tout, et surtout à lutter contre l’ordre social de ma chambre pour retrouver, à tout prix, mon lapin en peluche favori, quitte à lutter contre la ghettoïsation de mes vêtements dans l’armoire ou à libérer du peloton d’exécution la longue liste de mes devoirs scolaires. Une fois mon ouvrage exécuté (Localisation et délogement de mon nin-nin numéro un), et le terrain laissé aux mains des kamikazes (chaussettes de la semaine dernière, goûter des vacances précédentes …) il me fallait encore sacrifier ma tranquillité aux forces de sécurité maternelles qui s’abattaient avec cette résolution : « Tu ne quitteras pas ta chambre tant que tu ne l’auras pas rangée ! ». Protestations, j’argumentais que mon objectif n’était pas de ranger mais de retrouver mon lapin : réponse de l’ennemi : «Ce n’est pas une raison, chez les gens civilisés, on ne laisse pas un tel bordel ! ».

    Trente ans plus tard, quand j’entends la gauche française appeler à quitter l’Afghanistan en laissant tout un peuple se faire asservir et massacrer par les extrémistes, avec ce prétexte : « Notre seul objectif était de retrouver Ben Laden », je ne comprends pas … Maman était pourtant de gauche, d’une gauche sociale, qui ne sacrifiait pas les vies humaines à de seules fins égotistes, et qui n’était pas, par démagogie, prête à remettre au goût du jour le constructivisme* des grandes heures Staliniennes.

    à retrouver sur www.Koikispass.com.

     

    Antoine GAVORY

     

     


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