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L AUTEUR

Premier contact avec la littérature:
En 1983, avec la poésie, si l'on peut appeler ça de la poésie, étant donné que ça ne trouverait même pas sa place dans les mauvais livres. Et ça se poursuit depuis ce temps là à un rythme d'une cinquantaine de textes par an.

Premier livre:


Un soir, place Carnot en 1996, après être resté toute une nuit sur la place de Nevers et avoir discuté avec les gens qui passaient, ce qui m'a amené à écrire une nouvelle de réflexion sur les générations.

Première révolution:
La découverte d'Aragon, à travers Ferrat notamment et que la poésie en dehors de parler des petits oiseaux et des arbres verts pouvait aussi avoir un rôle social et politique et servir des causes.

Seconde révolution:
La parution de Barricades en 2007, texte sur l'engagement et sur l'idéal, qui m'a valu d'être un peu plus ancré dans la littérature engagée.

Pourquoi écrire:
Pour aimer. Pour parler. Pour hurler. Pour dénoncer. Pour colorier le monde avec des mots qui sentent bon. Je crois fermement au rôle de l'écrivain, et de l'artiste en général dans la société, si son intérêt est d'abord de communiquer avant de s'enrichir.

Des rêves:
Aucun. Toutes les choses dont je rêves j'essaie de les accomplir. A 8 ans les écrivains étaient pour moi des extra-terrestres puis une première rencontre avec Troyat au salon de Paris m'a fait comprendre qu'être écrivain c'était avant tout vouloir et travailler.

Des projets:
Oui, tous les rêves que j'ai. Écrire encore. Monter sur les planches pour une pièce que je viens de terminer, continuer de rencontrer des artistes vrais qui vivent leur art comme un échange et non pas comme un succès personnel et un jour peut-être parvenir à écrire un album.

Des regrets:
Oui d'avoir mis 20 ans à me rendre compte que le journalisme était une chose fabuleuse, avoir attendu d'avoir trente ans pour faire de la radio, et regretter que l'édition française soie plus attachée, en grande partie, à ce que rapporte un livre qu'à ce qu'il contient, et que les éditeurs cherchant à investir sur la qualité n'arrivent pas à se faire connaître. Les écrivains écrivent avec leur sensibilité et sont vendus par des financiers, et la sensibilité ne se marchande pas.

Plus grande peur:
Les salons du Livre. on y est comme dans un cimetière, les gens passent, lisent notre nom, sans même nous regarder.
Et celle de ne pas être éternel.

Ce que vous détestez le plus:
Les gens qui se prétendent auteur mais qui n'écrivent que pour eux, pour leur plaisir personnel sans chercher à donner. L'écriture n'est ni un loisir, ni une autopsychothérapie mêrme si ce peut être un exutoire et un plaisir. Il faut d'abord avoir envie de donner avant de recevoir. C'est la seule façon de se construire une légitimité.
Et ces mêmes auteurs, et d'autres, qui se croient importants parce qu'ils écrivent., ou d'autres, aigris parce qu'ils ne parviennent pas à la célébrité et qui se cloisonnent dans leur égotisme en se fermant à l'échange. Comme disait Guitry, la vie est une chose beaucoup trop grave pour être prise au sérieux. Être célèbre n'est pas important, ce qui compte c'est d'avoir quelque chose à dire et d'être entendu, et pas seulement écouté...

Ce que vous aimez le plus:
D'être lu et apostrophé sur ce que j'ai écrit, même pour me faire insulter, ce qui m'arrive de temps en temps. Ce n'est même pas un désir mais un plaisir, cela montre au moins que ce que l'on écrit n'est pas toujours inutile. Et vouloir écrire utile ce n'est pas de la vanité, c'est du respect envers les lecteurs.


extrait d'un interview pour Radio France (2005)

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Chers amis koikispassien,/ EDITO KOIKISPASS Janvier 2012 | 20 janvier 2012



Publié par tritz à 10:33:42 dans éditos et articles | Commentaires (0) |

LA TRIBUNE LIBRE D’ANTOINE : PERRAUD OR NOT PERRAUD, THAT’S THE QUESTION/ KOIKISPASS NOVEMBRE 2011 | 20 janvier 2012

LA TRIBUNE LIBRE D’ANTOINE : PERRAUD OR NOT PERRAUD, THAT’S THE QUESTION

Koikispass est orphelin, Koikispass pleure…

Notre ami Gilles Perraud, notre rédacteur en chef tyrannique adoré a quitté son canapé fauteuil de bureau pour d’autres aventures. Moi qui ai été son sous-fifre mentor (Si si !), je suis d’autant plus content touché de voir ainsi mon bourreau élève partir ailleurs humilier d’autres chroniqueurs transmettre son savoir. Fini pour moi les chroniques remises avec 15 jours de retard … terminé les éditos écrits en dix minutes sur le coin d’un bistrot … va falloir que je bosse dur ! Parce qu’il ne sera plus là pour me casser les pieds couvrir. Quatre ans que j’attendais ça nous partagions ces longs moments deping-pong réflexion, nous heurtant parfois à la boisson vindicte populaire en nousdénonçant soutenant mutuellement. Alors je reprendrai cette phrase d’Audiberti, qui ne manquera pas mon cher Gilles, moi qui te sais si pervers sensible de te faire monter la larme à l’oeil : un con qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis, et je te la dédie, à toi qui a toujours su pendant que les autres bossaient s’agitaient, rester là à ne rien faire les soutenir et dormir méditer sur la question essentielle au monde : Toi …Hasta la vista amigo ! ;-)

Antoine Gavory.

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Publié par tritz à 10:25:00 dans éditos et articles | Commentaires (0) |

MAMAN ÉTAIT POURTANT DE GAUCHE / ÉDITO DU MAGAZINE KOIKISPASS / SEPTEMBRE 2011 | 30 septembre 2011

Quand j’étais môme j’étais prêt à tout, et surtout à lutter contre l’ordre social de ma chambre pour retrouver, à tout prix, mon lapin en peluche favori, quitte à lutter contre la ghettoïsation de mes vêtements dans l’armoire ou à libérer du peloton d’exécution la longue liste de mes devoirs scolaires. Une fois mon ouvrage exécuté (Localisation et délogement de mon nin-nin numéro un), et le terrain laissé aux mains des kamikazes (chaussettes de la semaine dernière, goûter des vacances précédentes …) il me fallait encore sacrifier ma tranquillité aux forces de sécurité maternelles qui s’abattaient avec cette résolution : « Tu ne quitteras pas ta chambre tant que tu ne l’auras pas rangée ! ». Protestations, j’argumentais que mon objectif n’était pas de ranger mais de retrouver mon lapin : réponse de l’ennemi : «Ce n’est pas une raison, chez les gens civilisés, on ne laisse pas un tel bordel ! ».

Trente ans plus tard, quand j’entends la gauche française appeler à quitter l’Afghanistan en laissant tout un peuple se faire asservir et massacrer par les extrémistes, avec ce prétexte : « Notre seul objectif était de retrouver Ben Laden », je ne comprends pas … Maman était pourtant de gauche, d’une gauche sociale, qui ne sacrifiait pas les vies humaines à de seules fins égotistes, et qui n’était pas, par démagogie, prête à remettre au goût du jour le constructivisme* des grandes heures Staliniennes.

à retrouver sur www.Koikispass.com.

 

Antoine GAVORY

 

 

Publié par tritz à 09:51:34 dans éditos et articles | Commentaires (0) |

MENTIR EST LE TALENT DE CEUX QUI N'EN N'ONT PAS/ ÉDITO DU MAGAZINE KOIKISPASS / MAI 2011 | 25 mai 2011

Mentir est le talent de ceux qui n’en n’ont pas

(Marie Jospeh Chénier)

 

A côté de chez moi, il y a Amédée. Amédée est un français, fier de son pays, de sa langue de sa culture. Amédée est né en 1955, donc Amédée n’a pas connu la guerre. Tous les ans, Amédée va visiter le Maroc, la Tunisie (sur les lignes commerciales, lui !), l’Algérie… En hiver, il fréquente les cimes de Suisse, des tyrolles, et s’aventure même sur les polders hollandais. Amédée, en cela est un européen, qui aime L’Europe. Amédée a gravé sur la façade de sa maison Liberté, Egalité, fraternité, parce que pour lui c’est le symbole même de son identité nationale, et le principe même de l’humanisme. Car Amédée est aussi un humaniste. Il donne, à la croix-rouge, aux restos du cœur, au Téléthon, parce que pour Amédée, l’humanité commence par la solidarité.

A côté de chez moi il y a Amédée. Tout le monde l’aime bien Amédée. Parce qu’il est là depuis longtemps et connaît tout de la vie des gens qui l’entourent, des petits secrets aux adultères, des enfants illégitimes aux couples cachés, des petites malhonnêtetés aux petites erreurs, de ceux qui travaillent sans le dire à ceux qui parlent sans rien faire, et quand il ne sait pas il invente, après tout c’est sa liberté d’expression. Ca nous fait rire, ça nous distrait et même des fois on dirait qu’il est une petite souris qui se faufile derrière les portes tellement ses histoires sont bien racontées. Amédée c’est notre justicier qui rétablit la vérité !

Alors quand on demande à Amédée pourquoi il vote Front National, pourquoi il méprise les pauvres, colporte des rumeurs et dénonce les erreurs d’autres, Amédée se fâche parce que pour lui, s’occuper de sa vie privée c’est le contraire de la liberté, de l’égalité de la fraternité!

 

Antoine Gavory

Publié par tritz à 02:17:55 dans éditos et articles | Commentaires (0) |

PREND GARDE A LA RADICALISATION DES CHOSES/ EDITO KOIKISPASS/ AVRIL 2011 | 23 avril 2011

L’édito : prends garde à la radicalisation des choses

Il flotte dans l’air comme un parfum de fin de civilisation en Occident. Dans une société où le vingtième siècle restera sans doute comme celui de la lutte pour une condition sociale meilleure, ce début de vingt et unième siècle semble glisser sur la pente inverse. Au combat pour l’individu, les sociétés se battent aujourd’hui pour l’individualisation. Crise financière, crise sociale, crise politique, crise existentielle même et identitaire, tous agissent comme si notre civilisation courait irrémédiablement à sa perte, et que dans le chahut, chacun cherchait à sauver ses billes. Les banques affichent des bénéfices historiques, le chômage aussi, certains se battent pour un abandon du nucléaire qui alourdirait de 40% la facture énergétique alors que dans le même temps, les services sociaux n’arrivent plus à faire face aux demandes d’aides. Le Front national s’impose comme un modèle de société pour un tiers des français, soutenu par un gouvernement qui semble se chercher des coupables. Le monde se radicalise pour tenter de sauver un modèle de démocratie qui enflamme les pays arabes. Et face à tout cela, les politiques semblent absents du débat entre un pouvoir qui s’auto félicite et une opposition qui n’a d’autre projet que de battre ses prédécesseurs. Et de tout cela, le peuple, c’est-à-dire ce qui fait qu’un pays existe, subit, se tait ou se révolte timidement. J’ai envie ces temps-ci de tourner la tête vers l’Orient, d’admirer ce que des peuples parviennent à accomplir pour s’offrir un air de liberté et d’humer des odeurs de jasmin…

Antoine GAVORY

Publié par tritz à 09:14:23 dans éditos et articles | Commentaires (0) |

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